Bénédictines de Sainte Bathilde

Ananie 2015 : Chronique 2

jeudi 3 décembre 2015

De retour de Belgique, les Ananistes sont arrivés à Jouarre. Ils vous partagent leur deuxième chronique sur la seconde étape au Monastère des Bénédictines d’Ermeton en Belgique.

SESSION ANANIE 2015 – 2° ETAPE

Chronique n° 2 : ERMETON du 24 Septembre au 15 Octobre 2015

Chers Pères, Mères, Sœurs et Frères, Bien aimés dans le Christ,
A vous, grâce et paix dans le Seigneur.

Après vous avoir fait parvenir les nouvelles de la première étape d’ « Ananie 2015 », vécue dans la grande Abbaye Notre Dame de la « Pierre-Qui-Vire (PQV) » en France, voici les échos de la deuxième au monastère Notre Dame d’Ermeton-sur-Biert en Belgique. Partis, ce jeudi 24 septembre à 10h 17 (heure locale), sous les adieux des frères de la PQV, à bord du bus « Ananie 2015 », nous arrivons à Ermeton à 17h 14, où une communauté de moniales nous accueille chaleureusement à la porterie.

Le cadre : Notre Dame d’Ermeton- Sur-Biert (ESB).

Le monastère Notre Dame d’ESB est situé à l’ouest du village d’Ermeton avec une grande pelouse de gazon encadré par une bande de forêt qui ombrage le lit d’un ruisseau traversant le monastère d’ouest en est. Notre Dame d’Ermeton, à 30 minutes de marche de l’Abbaye de Maredsous, est fondé initialement à Bruxelles le 15 octobre 1917 par le Père Eugène VANDEUR de Maredsous, puis le 10 octobre 1936 est installé à Ermeton-Sur-Biert au sud de la Belgique.

Les photos de l’arrivée à Ermeton

Les enseignements

Du 25 au 26 septembre. La transmission.

Dès le lendemain de notre arrivée, c’est le Père Armand Veilleux, actuel Père Abbé de Scourmont en Belgique, qui ouvre la série des enseignements de cette deuxième étape. Il nous entretient sur la « Transmission ». Le grand thème, en effet, de cette deuxième étape est : « Transmettre la tradition ».
Le Père Armand, à travers son partage, nous montre que la vie monastique, de par sa nature, est un phénomène de l’Esprit qui caractérise toutes les religions. Dans la religion chrétienne, son origine est déjà là au baptême de Jésus par Jean Baptiste, avant de prendre un essor considérable avec les Pères du désert dont Abba Antoine, pour arriver à nous aujourd’hui. Concernant la transmission, bien que la formation initiale soit structurée en plusieurs étapes selon la Règle de Saint Benoît et les constitutions, le vrai formateur est la communauté de vie qui accueille. La communauté est la première actrice de la transmission.

Du 28 septembre au 1er Octobre. La Règle de Saint Benoît par Mère Hannah Van Quakebeke.

Mère Hannah, Prieure du monastère de Béthanie en Belgique, nous offre durant quatre jours l’opportunité de nous réapproprier la Règle de Saint Benoît. Elle nous permet de la redécouvrir à nouveaux frais, tant à travers les sources auxquelles elle nous renvoie (Bible, Règle du Maître, Cassien, St Basile et St Augustin), qu’à travers sa structure interne (73 chapitres avec prologue). La Règle, comme telle, n’est pas cependant un produit fini de « laboratoire », mais un produit d’expérience de vie. Elle est élaborée pour offrir un chemin de Vie. Ce qu’elle propose est la dynamique de « conversatio », un processus de conversion, du cœur endurci au cœur dilaté, par la pratique de l’obéissance dans la communauté des frères.

Du 02 au 03 octobre. « Obéissance et Autorité » par Père Nicolas DAYEZ.

Le Père Nicolas DAYEZ, qui nous entretient durant deux jours, est l’ancien Abbé de Maredsous. Abordant le thème « Obéissance et Autorité », il nous montre que l’obéissance, que St Benoît définit comme une « arme forte et belle », n’est pas une exécution d’automate, mais un accomplissement responsable et libre. Cette obéissance est celle qui a pour finalité Dieu. Elle n’est pas vécue seulement entre l’abbé ou l’abbesse et le moine ou la moniale, mais aussi entre les frères ou les sœurs. La qualité de l’obéissance est intimement liée à la qualité de l’ordre, car « la manière de commander, affirme le Père Nicolas, commande la manière d’obéir ». Exercer l’autorité de l’obéissance, c’est chercher avant tout à faire croître, à donner plus de vie à l’autre.

Journée du 05 octobre. Cours de Méthodologie

Nous recevons ce jour le Père Henri DELHOUGNE pour le cours « Eléments de Méthodologie Théologique ». Le Père Henri, de la congrégation de Solesmes, est de l’abbaye de Clervaux au Luxembourg. Le cours est très intéressant et très fourni en éléments bibliographiques. Les outils nécessaires qu’il nous donne nous aideront dans la prise de notes, la documentation en bibliothéconomie et en bibliographie et dans l’élaboration d’un travail écrit de recherche ou d’un article.

Du 06 au 08 octobre. « Désappropriation-Economie »

Le P. Abbé David de l’Abbaye St Benoît d’En-Calcat et M. Marie-Rose de l’Abbaye Trappistine de Chambarand (France) nous entretiennent durant trois jours sur la désappropriation et l’économie.
La désappropriation en soi n’a pas de sens, nous font comprendre nos intervenants. Elle est faite en vue d’un bien supérieur. Pour les chrétiens en général et le moine en particulier, ce bien est Dieu. C’est à ce bien que St Benoît convie tous ses disciples. Se désapproprier prend donc le sens du vide à faire pour « être capable de Dieu ». Cette désappropriation est vécue dans la préférence de Dieu à tout, dans le partage, l’équilibre par rapport à nos besoins, l’attention portée à l’autre. S’agissant de l’économie, ils nous montrent avant tout que dans la communauté, l’unité vaut dans le spirituel comme dans le matériel. Ainsi, pour bien tenir les deux pôles, la vie communautaire organisée en fonction de l’économie peut bien fonctionner sous le rapport de : « Demander-Donner-Recevoir » ; c’est un programme d’humilité et de transparence.

Journée de 09 octobre. : Panel autour des thèmes : obéissance, désappropriation et économie.
Trois intervenants nous partagent leurs perceptions : Père Abbé David, Mère Marie-Rose et Père Nicolas.
A partir des avis des uns et des autres, la désappropriation et l’économie ne peuvent pas être vécues dans un sens de dépouillement, de partage et de gestion saine de la chose commune sans un sens affiné de l’obéissance, support d’une pratique plus responsable. Faire croire aux autres que l’obéissance n’est uniquement que soumission, ce qui n’est malheureusement pas rare dans l’histoire de l’Eglise, accroit moins la personne. Il est vrai que tout ne peut pas passer sous le régime de « dialogue ». Cependant faire comprendre à la sœur ou au frère l’ordre donné permet plus de responsabilité et de liberté de cœur dans l’accomplissement.

Du 12 au 14 Octobre : « L’Accompagnement » avec Mère Marie-Madeleine

Mère Marie-Madeleine est la prieure du Prieuré Ste Bathilde de Vanves près de Paris. Elle est aussi la Présidente de la congrégation Ste Bathilde. Durant ces trois jours, elle nous amène à saisir le sens de l’accompagnement spirituel et de sa transmission dans notre vie monastique dans le monde d’aujourd’hui où le numérique veut répondre à tout.
Qu’on soit au temps de St Benoît, au Moyen-Age ou aujourd’hui, le but de l’accompagnement chrétien demeure toujours le même : amener l’accompagné à rebondir, à se remettre dans le souffle de l’Esprit Saint, à retrouver la présence de Jésus qui chemine avec lui sur la route de la Vie. Cette démarche n’est pas réservée seulement à une étape de l’expérience monastique ou de la vie, c’est un besoin qui est toujours ressenti du début jusqu’à la fin du parcours. Avec quelques figures et personnages bibliques : Moïse, Job, Elie, Nathan, Marie-Madeleine et le publicain Zachée, la Mère nous permet de ressaisir la dynamique de cette démarche, ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas ; l’accompagnement n’est pas la confession ; celle-ci remet dans la relation avec Dieu alors que l’autre montre la lumière de cette relation.

Les photos sur les enseignements

La vie au quotidien

Les célébrations liturgiques rythment la journée ! En fonction de l’horaire de la communauté des sœurs, chacun organise son temps de lectio et d’oraison. Chaque jour la RB est lue par une sœur ou un frère et commentée par Mère Loyse jusqu’au 3 octobre, date à partir de laquelle le commentaire est fait à tour de rôle par les frères et sœurs avant le début de chaque intervention. Des groupes de services qui sont constitués depuis la Pierre-Qui-Vire sont maintenus dans leur exercice. Nous travaillons 6 jours par semaine : du lundi au samedi ; 5h par jour avec des pauses très appréciées.

Les photos de la vie quotidienne

Les photos de l’automne à Ermeton

Les évènements

Dimanche 27 Septembre. 26e Dimanche du TO : Dédicace de l’église de la communauté d’Ermeton.

A peine arrivés il y a quatre jours, nous voici en fête avec nos sœurs de la communauté d’Ermeton qui célèbrent la dédicace de leur église. L’eucharistie est présidée par le frère Colomba d’En-Calcat (France) et concélébrée par le frère Amos de Koubri (Burkina-Faso), tous deux ananistes. Après l’eucharistie et au repas de fête, l’exécution de quelques chants de circonstance et de danses a bien marqué l’ambiance festive de cette journée commémorative.

Les photos de la Fête de la Dédicace

Dimanche 04 octobre. Visite de l’Abbaye Notre-Dame de Scourmont

L’Abbaye Notre-Dame de Scourmont est presque à une heure de route, en bus, de Notre-Dame d’Ermeton, vers le Sud-Ouest. C’est un monastère trappiste, fondé en 1850. Après un accueil chaleureux et fraternel dès notre arrivée, nous avons été gratifiés d’une première visite dans le parc de l’hôtellerie. Le parc est planté de quatre cent cinquante trois espèces d’arbres, et on en trouve encore qui datent depuis la fondation. La grande visite du monastère intervient après le déjeuner. Le P. Abbé, Armand Veilleux qui s’est mis lui-même à notre service, nous explique tous les éléments de la découverte avec une netteté telle qu’il n’y a plus besoin de poser d’autre question, si ce n’est pour confirmer tel ou tel élément déjà entendu ou vu ailleurs. Nous avons quitté la communauté pour le retour après l’office de None très satisfaits sous les accolades d’adieu de quelques frères.

Les photos de la visite à Scourmont

09 octobre au soir. Brève détente à Maredsous

Après le cours vers 16h30, nous voici sur le tronçon de l’ancienne voie de chemin de fer Ermeton-Maredsous pour une brève visite de l’Abbaye de Maredsous. Nous arrivons dans la grande Abbaye du Bienheureux Colomba Marmion après un petit marathon sportif de 45 mn. Arrivés bien avant l’heure des Vêpres, nous avons profité pour nous recueillir sur la tombe du Bienheureux en lui confiant les intentions de tous les monastères du monde, surtout celles des communautés représentées. Après les Vêpres, puis le dîner pris ensemble, un temps d’échange nous a permis de découvrir beaucoup de choses sur le monastère fondé en 1872 par les moines bénédictins de Beuron en Allemagne. Nous avons regagné Ermeton après ce petit temps de riche présence, raccompagnés en voiture par les frères à cause de la nuit.

Les photos de la visite à Maredsous

Dimanche11 octobre. Visite à Chevetogne.

La visite que nous faisons aujourd’hui a été préparée hier par le Père Jacques, le doyen d’âge de la communauté de Chevetogne. Durant toute la journée d’hier, il nous a expliqué comment la liturgie est vécue à l’abbaye de Chevetogne en Belgique. En effet, Chevetogne est une abbaye à deux rites : latin et byzantin. Depuis la fondation, en décembre 1925 par le Père Lambert Beauduin, l’idéal d’un centre de rencontre entre l’Occident et l’Orient dans le contexte d’Unité des chrétiens est recherché et vécu. La Liturgie d’aujourd’hui est dans le rite byzantin grec, d’où la nécessité d’être préparés sur le déroulement.
Toute l’église est peinte d’icônes, réalisées directement sur les murs. La célébration d’aujourd’hui est d’un accent particulier, c’est la commémoration du deuxième concile de Nicée au 8e siècle sur l’iconoclasme. Du début jusqu’à la fin, le célébrant principal n’a fait face aux fidèles que trois fois ; tout le temps il est dans le sanctuaire, tourné comme le peuple vers l’Orient qui symbolise le retour du Christ.

Une célébration captivante et priante qui a quelques trais communs au rite latin. Après le repas partagé avec la communauté, nous avons quitté le monastère, très enrichis des découvertes éclairées par des explications bien fournies d’éléments historiques et théologiques de notre guide le Père Antoine, chargé des jeunes en formation. Il nous a fait visiter la bibliothèque et les deux églises de la communauté, celle pour le rite latin et celle pour le rite byzantin ; des lieux pleins de symbolismes.

Les photos de la visite à Chevetogne

Jeudi 15 Octobre. Le départ.

Jeudi 15 : Fin de séjour à Ermeton et départ pour Jouarre en France

Nous quittons aujourd’hui le monastère Notre Dame d’Ermeton pour l’Abbaye de Jouarre, le monastère de notre troisième étape en France. Hier soir, en signe d’adieu une soirée récréative avec nos sœurs a été organisée en notre honneur. Malgré cette soirée, les émotions étaient très vives à l’heure de se séparer. C’est difficilement que le bus « Ananie 2015 » a pu démarrer vers 13h50 heure locale suite à des interminables adieux. « Oui que c’est bon et beau pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ».

Les photos du départ

C’est dans ce climat que prend fin notre séjour à Ermeton. Tout en vous conviant à nous rejoindre de cœur, de pensée et d’esprit, à Jouarre pour la troisième étape, chers Pères, Mères, sœurs et frères, nous nous recommandons à vos ferventes prières tout en vous assurant des nôtres.

L’équipe de chronique « Ananie 2015 »

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