Bénédictines de Sainte Bathilde

Ananie 2015 : Chronique 4 suite et fin

jeudi 3 décembre 2015

Dernière étape avant la dispersion aux quatre coins du monde.
La Bretagne nous accueille à l’Abbaye de Timadeuc.

TIMADEUC : du 6 au 25 novembre 2015 : VIE COMMUNE

« VIVEZ SOUS LA CONDUITE DE L’ESPRIT DE DIEU » Gal 5,16

Bien Aimés dans le Seigneur !

Nous vous retrouvons pour un dernier partage. Après le bruit de la ville à Jouarre, nous arrivons ce jeudi 5 novembre dans l’après-midi, sous la pluie, dans la campagne bretonne à l’abbaye cistercienne Notre-Dame de Timadeuc, fondation de l’abbaye de la Trappe au 19° siècle. Le père Abbé Benoît étant absent, c’est le frère Laurent, un « ananiste » de la première génération, qui nous accueille en son nom.
Le paysage est beau, le monastère est entouré de forêts, de champs bien labourés et on a une très belle vue sur la campagne. Les marches quotidiennes nous détendent et redonnent du tonus !

Voir les photos : Timadeuc : l’arrivée

ECHO DES ENSEIGNEMENTS

6-7 nov. : Réflexion sur l’inculturation :

M. Henriette du Monastère N-D de Koubri au Burkina Faso et le P. Simon-Pierre, moine du monastère belge de Wavremont en mission au Pérou.
Le P Simon Pierre nous partage son expérience communautaire au Pérou et donne des précisions sur plusieurs concepts :

- acculturation = assimilation de la culture subalterne par la culture dominante ;
- inculturation = sélection par la culture subalterne de ce qui l’intéresse dans la culture dominante, puis elle le transforme : on assiste à un travail de recréation
- interculturalité = toutes les cultures sont égales, pas de dominante ni de dominée. C’est ce qui convient pour créer un projet commun. Nous devons nous libérer du colonialisme culturel, cela nécessite une décolonisation mentale. Il nous faut aussi retrouver nos racines païennes. Nous avons besoin les uns des autres ; reconnaître sa fragilité, et ne pas nier ce qui nous constitue. Le monastère est un lieu de culture, c’est-à-dire de dialogue, un espace de silence et de prière, où circule la liberté de pensée et d’échange. Il faut préserver notre marginalité ; le monastère comme la liturgie : laboratoire, école. Tout ceci sera rendu possible s’il y a une décolonisation mentale et spirituelle.

M Henriette, quant à elle, nous fait méditer le texte de la Pentecôte dans Act 2, 1-11 d’où elle tire les conséquences pour l’inculturation. Voici comme en écho : le moteur et l’initiateur de l’inculturation, c’est l’Esprit Saint ! Il s’agit avant tout de rencontrer le Christ, Verbe de Dieu fait chair qui a planté sa tente parmi nous. En lui, accueillir nos cultures et accepter nos racines, les exposer à la lumière de l’Esprit, puis nous laisser prendre par l’Evangile. Dans le processus de transmission, se poser la question :

- qu’avons-nous reçu ?
- que voulons-nous transmettre ?
- qu’est-ce qui doit demeurer ?

9 – 10 nov. : Saint Basile avec Sr Marie de Martigné

Enseignement dense et très riche sur la fraternité et la vision de Basile sur la Vie Monastique. Voici un bref partage : La fraternité est un don et une promesse de Dieu. En grec, deux réalités la désignent :

- adelphotès, du nom adelphos = frère. C’est la communauté de frères partageant le même idéal de vie : s’aimer comme des frères. Réalité ontologique, existentielle qui nous précède et nous dépasse ;
- philadelphia est la mise en œuvre, la pratique de la charité entre les frères. Elle est dynamique, une réalité à créer chaque jour. Vivre la vie monastique, c’est vivre son baptême de façon spéciale à travers le célibat choisi, dans un cadre de silence, de prière et de travail, dans une vie commune pour plaire à Dieu seul, demeurer sous son regard dans une conviction de foi inébranlable en la présence du Seigneur.

10-13 nov. : Vie communautaire par une équipe de cinq membres, chacun nous présentant un aspect

M Loyse : à travers le chapitre 4 de la Règle nous montre comment la vie fraternelle nourrit la vie spirituelle. Voici pour vous la sélection d’une petite perle : un être humain se définit par sa relation à l’autres. La vie cénobitique met en rapport la vie fraternelle et la vie spirituelle, elles se portent mutuellement dans une réciprocité nécessaire. La vie fraternelle dépend de la relation de chaque membre à Dieu. La parole de Dieu crée la communion et la répand. La vie commune est un art : la gratuité et la beauté libèrent et ouvrent à la présence de l’Autre. Nous devons apprendre à abandonner à Dieu nos capacités d’amour et à faire confiance. Assumer ensemble la charge les uns des autres est le fruit d’un travail communautaire dont la sève est l’amour.

P Benoît, abbé de Timadeuc nous parle de : violence et conflits
La vie fraternelle est un bienfait ; l’unité entre des frères de dons divers crée la communion, et la charité donne le souci du bien commun. Pourtant c’est dans ce même contexte que surgissent la violence et les conflits ; la vie commune ne va pas de soi ! Quel est notre sens du frère ? Quel lien fraternel entretenons- nous ? C’est le Christ qui nous rassemble à travers sa parole écoutée et accueillie. C’est en lui que nous sommes frères, frères pour la vie.
Les préférences et les jalousies produisent tensions et conflits ! Soyons donc vigilants ! Dans les cas de conflits, n’entretenons pas les accusations, mais apprenons à discerner les paroles qui sont pour la vie. L’Eucharistie nous presse de régler nos conflits. Il faut être capable de tirer du fond de soi la possibilité de pardonner, et prendre conscience que Dieu pardonne sans fin et sans condition. La vie commune est une belle aventure fraternelle, exposée à la violence mais porteuse de vie éternelle en Jésus Ressuscité.

M. Béatrice, abbesse des Gardes : De la peur à la confiance ; de la jalousie à la louange Nous avons beaucoup de peurs en nous ; il faut en prendre conscience car elles paralysent et perturbent la vie commune. Accepter nos peurs et les exprimer, c’est reconnaître l’humain en nous ; les refuser, c’est montrer un faux « moi ». Admettre ses peurs et ses faiblesses, c’est faire preuve de force intérieure ; s’accepter tel que l’on est, c’est le fondement de l’existence entière. Ce n’est pas un chemin sans issue ; Dieu nous accompagne. L’amour seul bannit la peur. Nous sommes appelés à faire confiance au Christ qui fait route avec nous, c’est lui notre paix. L’autre poison de la vie commune, c’est la jalousie. Nous sommes des êtres marqués par le manque et nous développons des mécanismes de défense face aux déceptions. Le chemin à prendre, c’est de reconnaître nos blessures : c’est là que Dieu vient nous chercher. Guéris, nous pouvons cheminer vers la louange pour ce que l’autre est et pour ce que Dieu lui donne.

M. Céline de Martigné : Unité à travers nos diversités
Comment vivre en communauté alors que nous sommes si différents ? N’avoir qu’un cœur et qu’une âme : tous et chacun ! Prenant appui sur Act 2 (la Pentecôte), elle nous donne une parole : A la Pentecôte, tous étaient ensemble, chacun reçoit l’Esprit pour le manifester. Dans le Fils et par l’Esprit, le tous et le chacun s’articule. Ce qui est fondamental, c’est l’unité dans le Christ. Elle est première et nous devance, mais elle s’exprime dans la diversité. La fraternité ne se fabrique pas, nous avons à la recevoir de Dieu. Dans la vie commune : bannir les comparaisons, accueillir l’autre pour ce qu’il est, c’est-à-dire un don de Dieu pour moi. Nos différences accueillies sont une richesse, témoignage d’espérance.

Le P. Simon, prieur de Landévenec, nous donne une parole, témoignage de son expérience multiculturelle personnelle. Il nous dit : il est nécessaire de développer une saine estime de soi, confiance en soi, c’est-à-dire avoir la conscience de ses valeurs et de ses ressources, de sa véritable nature. Prendre conscience de la place du corps dans les relations. Il est indispensable d’être bien dans son corps, par exemple en pratiquant la relaxation, de chercher à améliorer notre relation à nous-mêmes, à être à l’aise avec soi-même ; s’accepter dans son corps. Finalement, bien se connaître favorise une vie commune saine. Cependant, il faut surtout se rappeler que c’est une expérience spirituelle qui nous réunit, c’est-à-dire la rencontre du Christ ressuscité. A travers cette expérience, nous sommes devenus quelqu’un par quelqu’un et pour quelqu’un. Ensemble, nous marchons vers Dieu notre Père !

16-18 nov. : Théologie monastique

Quel homme la vie monastique façonne ? - De quel Dieu sommes-nous les témoins ?
Ce module commence par un beau partage entre nous, expression absolument merveilleuse de ce que Dieu réalise en chacun par son Esprit :
- Chercher Dieu, pour moi, qu’est-ce que c’est ?
- Mon ami, pourquoi es-tu venu ? (face aux difficultés de l’obéissance)
- Qu’est-ce qui me fait tenir aujourd’hui ?

Viennent ensuite le partage fraternel de nos quatre aînés : M Loyse, P Benoit, P Luc et M M-Madeleine. Voici un bouquet pour vous :
Qui veut la vie et désire voir des jours heureux ? La vie monastique est pour le bonheur de l’homme. Dieu nous veut vivant et heureux. Au cœur de notre vie, une relation à Dieu vivante et ardente. Le moine est un homme qui fait confiance à la Parole de Dieu et sous cette Parole devient libre pour aimer. La lectio divina est nécessaire et vitale, sans elle, nous ne sommes rien. L’Ecriture est le miroir dans lequel tout se vérifie. La chose essentielle en communauté, c’est la conversion du cœur de chacun. L’œuvre du moine, est de rendre témoignage à la parole de grâce. Le monastère est un laboratoire d’écoute, une parabole de miséricorde et de réconciliation. A travers la prière du Notre Père récitée plusieurs fois par jour, nous nous recevons enfant de Dieu et nous portons au Père la prière du Fils qui a prié pour tous.

Du 19 au 21 nov., dernier séjour de Pierre-Yves

L’essentiel en ces jours est de faire un travail profitable pour vous, nous dit-il. Et de fait, ces échanges sont vraiment enrichissants pour tous ; l’expérience des uns réconforte les autres dans un encouragement réciproque à progresser dans une relation vraie en cherchant toujours le bien de l’autre.

Les 23 et 24 nov. : Les médias

Face aux nouveaux moyens de communication que nous offrent notre monde, quelles attitudes adopter ? Quels repères pour discerner pour le bien de tous et servir la communion fraternelle ? Ce sont de nouveau P . Benoit et M. Béatrice qui interviennent en s’appuyant sur le travail du Chapitre Général OCSO.

Voir les photos : Timadeuc : les enseignements

AU FIL DES JOURS

Les jours se succèdent mais ne se ressemblent pas ! On approche inexorablement de la fin ; l’attention ne se relâche pas, mais elle est plus ardue, coûteuse : « Confiance, ma grâce te suffit ». Alors, courage mon âme ! Les « extras » viennent nous donner du réconfort sur le chemin. Ainsi, ce samedi 7, dîner avec la communauté. Au menu : des galettes et crêpes bretonnes ! Hum ! On se régale. Comme il est bon de partager dans la joie les bienfaits de Dieu, notre créateur !

Ce dimanche 8, après le déjeuner, visite du musée à Pont-Scorff. Les œuvres extraordinaires d’un artiste, Pierre de GRAUW, beau-frère de notre mère Loyse, y sont exposées. Il y en a de tout genre, en bronze, pierre, bois, plâtre, etc. Elles sont inspirées par la Bible et traversées par cette question existentielle : qu’est-ce que la vie ?

Voir les photos : Timadeuc : Pont-Scorff

Dans l’après-midi du mardi 10, nous regardons un film : « Invictus », en prélude au module sur la vie commune. C’était très beau ! Il s’agissait de construire la fraternité dans la nouvelle Afrique du Sud, à travers la Coupe du Monde de Rugby, et tout a été mis en œuvre pour y arriver. Pour nous, la leçon est : comment faire corps pour une cause commune ? Comment se porter mutuellement pour que l’amour grandisse dans nos communautés ?

Ce samedi 14, dernière journée de détente et de « prise d’air » : visite à l’Abbaye bénédictine Ste Anne de Kergonan. Avant le départ, nous sommes secoués par la nouvelle du drame des attentats terroristes qui ont eu lieu à Paris dans la nuit du vendredi ! Quel malheur, le mal sera-t-il victorieux ? Nous prions pour les victimes et leurs proches.
A Kergonan, nous vivons une belle expérience de la liturgie grégorienne ; visite du monastère avec le P.Abbé puis repas avec les frères, échanges libres, promenade au bord de la mer : la côte sauvage. Certains trempent leurs pieds dans l’eau, d’autres offrent à leurs yeux le spectacle merveilleux d’un beau paysage à perte de vue. « Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur, tout cela, ta sagesse a fait ! »

Voir les photos : Timadeuc : Kergonan

En ce début de semaine, M Loyse nous distribue les fiches à remplir pour le bilan ; on sent que la fin approche.

Ce mardi 17, en fin de matinée, visite du monastère sous la conduite du P. Abbé. Il y a plus de 150 frères qui reposent déjà dans le cimetière ; très impressionnant !

Voir les photos : Timadeuc : le monastère

La fin du module sur la théologie monastique nous donne l’opportunité de remercier les membres du bureau Ananie. Notre chant magique « KIMVUAMA », fait merveille ! Le vendredi après le dîner, nous prenons un bon temps de récréation autour d’un pot de bière ! Musique, chants et danses ; c’est la joie d’être frères ! Puis le dimanche, en la solennité du Christ Roi, nous partageons le repas du soir avec la communauté. Belle soirée de détente bien aminée ; chants et danses expriment notre gratitude pour l’accueil, oh combien chaleureux !

Voir les photos : Timadeuc : la vie quotidienne

Mercredi matin, nous nous retrouvons encore pour un partage très profond, et l’après-midi, les premiers départs !!! « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis » Ps 132.

Voir les photos : Timadeuc : le grand départ
12 semaines de vie fraternelle, de partage, de service mutuel, de soutien et de communion dans l’amour du Christ.

Merci à ceux qui ont organisé cette session de formation, merci à tous les intervenants et aux communautés qui nous ont accueillis. Un MERCI spécial, profond, sincère et chaleureux à notre M Loyse :

Nous terminons cette session sous le signe de l’Amour :

Action de grâce
Merci sincère
Ouverture à l’Esprit
Unification du cœur
Royaume de Dieu

PARVENIR TOUS ENSEMBLE A LA VIE ETERNELLE

MERCI

SALAMAT --- CAM ON --- ASANTE --- BARKA --- AKPE --- MESI !

A toutes nos communautés qui ont consenti au sacrifice, oh combien noble pour nous permettre de participer à la formation Ananie ! Que Dieu vous bénisse tous et chacun !
Au revoir, Veloma, Odabo, Bye bye  !
En grande communion fraternelle en Jésus et Marie

Les Ananistes

Les chroniques et les photos resteront disponibles sur le site des Bénédictines de Vanves

http://www.benedictines-ste-bathild...

Et Zoé ?

Vous vous souvenez de Zoé, rencontrée dans la troisième chronique ?
Si vous voulez savoir la suite...
Zoé : la suite !...

 
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