Bénédictines de Sainte Bathilde

Benoît et le moine Martin

vendredi 9 juillet 2010

Récemment, dans la province de Campanie, un homme très vénérable du nom de Martin se mit à vivre en solitaire sur un mont.
J’ai appris beaucoup de choses à son sujet du Pape Pélage, mon prédécesseur de bienheureuse mémoire,
ainsi que d’autres hommes très religieux qui m’en ont fait le récit.

Au début, lorsqu’il alla vivre sur ce mont,
il ne vivait pas encore enfermé dans sa grotte
mais il s’attacha le pied avec une chaîne de fer dont il fixa l’autre bout à un rocher,
de sorte qu’il ne lui soit pas loisible de s’avancer au-delà de l’espace délimité par sa chaîne tendue.

Ce qu’entendant,
l’homme de sainte vie, Benoît, dont j’ai fait ci-dessus mémoire,
prit soin de lui faire dire par son disciple :
« Si tu es serviteur de Dieu, que ce ne soit pas une chaîne de fer, mais la chaîne du Christ qui te tienne. »
(non catena ferri, sed catena Christi).

A ces mots, sur-le-champ, Martin se défit de son entrave,
mais jamais, par la suite, il n’étendit son pied devenu libre plus loin que l’endroit où il avait l’habitude de l’étendre lorsqu’il était attaché,
et dès lors, il se força à rester, sans chaîne, dans le même espace que celui où, autrefois, il demeurait enchaîné.

(Dialogues de St Grégoire le Grand, Livre III, XVI)

 
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