Bénédictines de Sainte Bathilde

Les premières étapes

samedi 20 février 2010

Icône du Christ - © Martigné L’appel à la vie monastique, à vivre « cachées avec le Christ » « dans une communauté sous une Règle et un Abbé » nécessite un temps de discernement et d’apprentissage.

« Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi ! » On raconte que c’est en entendant cette parole de l’Evangile que St Antoine partit dans la solitude du désert d’Egypte et mérita d’être appelé « le Père des moines ».

« Pour le Chrétien qui entend l’appel à la vie monastique, le propos de vivre son baptême devient l’unique nécessaire. Il veut en faire profession et l’assumer sans réserve, en livrant à la Pâque du Christ les instincts les plus profonds de la nature humaine pour les orienter radicalement vers le Royaume. » (Constitutions 9)

Ainsi notre vocation s’enracine dans notre Baptême. Elle est à la fois appel de Dieu et expression d’un désir profond personnel. Elle est don de Dieu pour la personne, et en même temps pour l’Eglise et pour le monde.
C’est pourquoi elle aura besoin d’être authentifiée par l’Eglise.

La formation à la vie monastique se fait par étapes adaptées à chaque personne.

Les premiers contacts

Vanves Il arrive qu’une personne à l’hôtellerie sente que la vie qu’elle découvre en ce lieu semble l’appeler, il est bon d’entendre cette intuition pour discerner d’où elle vient.
Il arrive aussi que des femmes demandent à passer un temps au monastère parce que justement elles ont perçu un appel. La première rencontre avec une communauté, un monastère ou une soeur peut être décisive, et ouvrir un cheminement.
Après un premier temps de recherche, de rencontres, de séjours plus ou moins prolongés à l’hôtellerie, s’ouvre le temps de la découverte mutuelle entre celle qui se présente et la communauté, ce que nous appelons le stage en communauté. C’est la probation préalable qui introduit peu à peu "celle qui cherche Dieu" dans la vie de la communauté : prière, travail, vie à l’intérieur de la clôture.
Au terme du stage, une première décision est prise :
- découvrir que ce n’est pas sa voie
- ou au contraire poursuivre le chemin dans cette direction et demander à entrer au postulat, véritable saut dans la foi : « Tu m’as appelée, me voici ! » « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. »

Tout quitter pour répondre à cet appel monastique, c’est « ne rien préférer à l’amour du Christ » que chacune entend avec ses mots et ses nuances, mais qui converge vers ce « tout donner gratuitement » par pur amour, pour être signe de la gratuité de l’amour de Dieu.

« On n’accordera pas facilement l’entrée à celui qui vient s’y engager dans la vie religieuse. » (RB 58)

Le Postulat

Vanves C’est alors le temps de confrontation entre l’appel reçu du Seigneur, le désir que porte la postulante et la forme de vie de la Communauté pour un discernement, c’est-à-dire un choix qui engage.

La postulante vit totalement dans la communauté, avec celles qui sont aussi en formation, au Noviciat.
Ensemble, elles vivent le quotidien de la communauté, suivent des cours d’Ecriture Sainte, de monachisme, sur le Mystère Chrétien, sur la vie spirituelle.
Elles participent à la formation permanente de la communauté.
Elles sont individuellement accompagnées pour poursuivre le discernement et apprendre à vivre le combat spirituel. L’ouverture du coeur se découvre peu à peu pour devenir vraiment lumière et force.
C’est avant tout la communauté, par sa vie, qui est formatrice. La vie monastique est vie, vie sous le regard de Dieu, vie en présence de Dieu, vie ensemble, en communauté ce que la tradition bénédictine appelle vie cénobitique.
La vie commune dans la durée est aujourd’hui un défi et une grâce ; elle demande un grand temps d’apprentissage.
Le temps de postulat dure normalement un an.

Au terme de ce temps de découvertes mutuelles, la postulante peut poursuivre sa route avec la communauté et demande alors son entrée au noviciat. Le Chapitre des soeurs accueille la demande et donne son avis. C’est la Prieure qui admet au noviciat. Le Noviciat marque une étape importante puisque l’on porte désormais le nom de "Soeur" en gardant ou non son prénom de baptême. Dans la plupart des communautés, c’est à cette étape que l’on reçoit l’habit religieux.

« ...Après deux mois, on lui lira cette Règle tout au long, et on lui dira : "Voici la loi sous laquelle tu veux militer. Si tu peux l’observer, entre ; sinon, tu es libre de te retirer." » RB 58

Le Noviciat

C’est le temps d’apprentissage et de mûrissement de la vie monastique. Ce temps d’enracinement et de discernement est encore favorisé par l’étude de la Règle de saint Benoît, de la Parole de Dieu, de l’histoire du monachisme, et tout ce qui peut aider l’âme à grandir et à s’établir en Dieu.

Madagascar Il dure normalement deux ans, dont une année de grand désert. Celui-ci doit permettre une expérience humaine, spirituelle, communautaire, radicale sur laquelle toute la vie sera fondée. Il y a des ruptures fondamentales nécessaires pour suivre le Christ.
Progressivement la Novice étudie
- les voeux, stabilité, conversion et obéissance, qu’elle prononcera au jour de sa profession,
- les Constitutions de notre Congrégation sous lesquelles elle choisira de vivre.

Durant ce temps, la novice est libre de se retirer et, si la communauté discerne que ce n’est pas sa voie, elle peut demander à la novice de ne pas poursuivre.

Au terme de ce temps de formation initiale, la Novice peut alors demander à faire profession. Celle-ci est d’abord pour un temps déterminé, selon le Droit Canonique. C’est le Chapitre des soeurs qui vote alors l’admission à la profession temporaire.

 
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