Bénédictines de Sainte Bathilde

Moines et moniales du DIM chez les Bouddhistes

lundi 27 juillet 2015

Moines et moniales du DIM ont passé quelques jours au Village des Pruniers, en Dordogne, du 6 au 10 Octobre 2014.

Cette année, moines et moniales du DIM France, nous avions prévu un séjour chez les Bouddhistes zen du Village des Pruniers. Ainsi, quatre moniales bénédictines (Maumont, Urt, Jouarre, Martigné-Briand) et trois moines bénédictins (deux d’En Calcat, Pierre qui Vire), rejoints par un frère de la Communauté Saint Jean et deux dames sympathisantes du DIM, se sont retrouvés dans ce lieu paisible de Dordogne.

Ce Village, scindé en trois « Hameaux » est celui du moine zen Vietnamien Thich Nhat Hanh, initiateur du « Bouddhisme engagé » de « la pleine conscience » et de « la marche méditative ». Son combat pacifique, entamé durant la guerre du Viet Nam avec le moine cistercien, Thomas Merton, l’a conduit à l’exil.

Réfugié politique en France depuis 1972, il a créé en 1982, avec la nonne Chân Không, le « Village des Pruniers ». En 2005, il est retourné au Viet Nam pour la première fois depuis 39 ans. Âgé et fatigué, il vit toujours au Village des Pruniers, en solitude dans son ermitage.

Durant ces quatre jours, les frères étaient au Hameau du Haut, et nous, les sœurs, avons vécu tout simplement au milieu des nonnes bouddhistes du Hameau du Bas ; il est en majorité peuplé de très jeunes nonnes vietnamiennes dont la plus jeune a 16 ans, et de quelques nonnes occidentales, pratiquant trois langues successives : le vietnamien, l’anglais, le français.

Nous avions comme guide notre chère soeur bien connue déjà de longue date, la bhikshuni soeur Diêu Nghiêm (Jina) (néerlandaise) ainsi que la bhikshuni sœur Dao Nghiêm (française). Dès le premier soir de notre arrivée, nous avons eu une rencontre avec la sangha (communauté) et nous avons été invitées à nous présenter : mains jointes devant nous pour prendre la parole et mains jointes à nouveau lorsque nous avons terminé de parler ; une bonne leçon de respect pour ne pas se couper la parole !

Pour conclure cette rencontre elles ont chanté :

« Le bonheur c’est maintenant, j’ai laissé tous mes soucis, Nulle part où aller, rien à faire, Pas besoin de se presser. Le bonheur c’est maintenant, j’ai laissé tous mes soucis, Quelque part où aller, quelque chose à faire, Mais à présent j’ai tout mon temps ».

La cloche sonnait longuement tous les matins à 5 h et nous nous retrouvions au zendo à5h45, pour la première méditation suivie de la récitation des « Cinq Entraînements à la pleine conscience ». Le soir, nous avions aussi une longue méditation au zendo avant de nous coucher. Quel bonheur de retrouver un « zafu » (coussin), assise en silence au milieu des bouddhistes dès le début du jour !

Nous avions une telle joie de nous retrouver là que la nouvelle responsable de la Communauté du Hameau d’en Bas où nous étions, la bhikshuni soeur Hôi Nghiêm, (vietnamienne), impressionnée par notre nombre d’années de vie monastique nous a demandé : « Qu’est-ce qui vous fait durer si longtemps dans la joie ? » Alors nous avons expliqué notre « suite du Christ » à l’école de notre père saint Benoît et la réalité de « l’Unique nécessaire ». Nous avons échangé les jours suivants sur notre pratique de la vie monastique et nous avons ramené avec nous quelques perles !

Nous avons remarqué aussi qu’il n’y a pas beaucoup de statues du Bouddha en ce lieu et l’on nous a expliqué que « dans la pratique de la pleine conscience, dans chaque individu, il y a un bouddha ; et donc il s’agit de prendre refuge dans cette racine, dans le Bouddha. Ici, c’est un endroit où il y a très peu de statues du Bouddha, ainsi les chrétiens peuvent se sentir à l’aise. Et puis il ne faut pas oublier que dans une vie antérieure, nous étions des fleurs, des rochers, des arbres, des insectes … ce sont aussi nos ancêtres. Chacune cherche une autre dimension qui nous dépasse ; conscience juste, vision profonde ».

Nous avons évoqué leurs relations frères/sœurs puisqu’il y a deux hameaux de sœurs (Hameau du Bas et Hameau du Milieu) et un de frères (Hameau du Haut). Ils se rencontrent le Jeudi et le Dimanche pour un enseignement, repas et détente en commun. C’est ce qui nous a été donné de vivre le Jeudi au Hameau du Milieu. ; « on prend refuge dans le frère », « on prend refuge dans la sœur » nous disaient-ils !

Au Hameau du Bas, nous prenions les repas sous une tente (car elles sont en pleins travaux de restauration et de mises aux normes !), dans le "Noble Silence" : nous portions notre attention sur le souffle, mais aussi, nous devions être en pleine conscience en entendant sonner une cloche, pour stopper net notre activité et nous permettre de « revenir au centre de nous-même ».

Nous dormions dans un chalet en bois au milieu des arbres, où les araignées avaient élu domicile ! nous avons eu la grâce en ces lieux, de respecter ces présences insolites …

La veille de notre départ, la Sangha (communauté) a organisé un repas festif très joyeux avec de nombreux chants … en français ! remise de cadeaux et joie simple et fraternelle.

Les sœurs bouddhistes ont promis de nous rendre cette visite, en venant séjourner dans nos monastères chrétiens ! « Transmettre des Entraînements profonds et merveilleux Fais naître des bénéfices sans limites. Nous les offrons à tous les êtres De tous les lieux

Puissions nous mettre en pratique tous les enseignements. Que tous nos actes expriment notre plus profonde gratitude. Puissions nous mettre fin à toute souffrance Et réaliser l’Eveil Parfait »

Joie parfaite de la fraternité interreligieuse !

Sœur Samuel–Danielle Nougué-Debat osb DIM

 
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