Bénédictines de Sainte Bathilde

Petit Journal de Confinement de St Thierry

jeudi 30 avril 2020

Nous viendrons vous donner des nouvelles régulièrement

En ces jours, la stabilité, alias le confinement peut devenir un chemin de liberté intérieure !

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7° jour de confinement
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14° jour de confinement
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21° jour de confinement
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31° jour de confinement.
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45° jour de confinement
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Après 3 semaines de quarantaine

Ce 6° message sera notre dernier "en temps de confinement"

En ce 7e jour de confinement…

Un petit point de ce qui se vit au monastère ! Ecrit pour répondre à un journaliste de l’Union qui se demandait comment nous vivions cette période. Je vous le partage. En fait, le confinement qui nous est imposé à tous ressemble tout à fait à notre vie de stabilité, et nous sommes donc très privilégiées, car cela ne nous demande pas de gros changements de vie. La stabilité, c’est le fait de demeurer au même endroit tout au long de notre vie, en clôture. La clôture, habituellement, n’est pas tant faite pour se défendre d’un virus extérieur, que pour élaguer tout ce qui pourrait nous détourner d’une vie intérieure. Car le vrai but de la clôture "extérieure" est la vie intérieure, la vie spirituelle, la vie de prière. Ce qui peut nous en détourner, à vrai dire, est moins ce qui vient de l’extérieur, que ce qui se passe en nous ! Tant de choses peuvent nous habiter ! Et le fait d’être réduits dans nos déplacements peut nous donner une bonne occasion de mesurer toutes les futilités qui nous occupent !

Le quotidien est donc assez semblable à l’avant-coronavirus ! Une journée rythmée par la prière communautaire (même si nous avons pris nos distances entre nos sièges !), les repas (même remarque !), le travail (la fermeture de l’hôtellerie a diminué les services, mais nous n’avons plus d’aide extérieure, et nous avons donc de quoi nous occuper entre la cuisine, la lessive, le ménage, le jardin, et un peu nos ateliers, très ralentis évidemment).

Ce qui est différent pour nous, c’est donc l’absence d’accueil, qui est généralement très fourni à cette période de l’année. Mais en toutes ces activités, le cœur est tourné à la fois vers Dieu et vers tous ceux desquels on se sent si solidaires, qui sont parfois parmi nos amis : les malades et les mourants, les soignants, les isolés, les migrants, les sans-toits, les pays qui sont moins équipés que nous, nos dirigeants, et bien sûr tous nos proches, familles et amis, etc. Comme pour beaucoup, les mails et les téléphones permettent de soutenir les uns et les autres.

Ce qui est différent de beaucoup, c’est que nous ne regardons pas la télé, et écoutons les nouvelles à petite dose. Cela évite les angoisses stériles ! Et, comme toujours, nous lisons des choses diverses, qui nous ouvrent l’esprit sur d’autres réalités.

Ce qui est pour nous comme pour un certain nombre, c’est que notre économie est à l’arrêt. Elle était déjà assez précaire, et elle le sera sans doute encore plus après cette crise. Mais cela sera le lot d’un bon nombre de nos contemporains. Là encore, il est bon de faire confiance, et d’espérer que les leçons de vie solidaire porteront des fruits pour l’avenir ! Ce serait une très grande victoire en matière d’écologie intégrale. Espérons ! S. Fabienne

Voici un 14e jour de confinement au monastère,

Comme partout en France, les échanges par mail ou téléphone nous mettent en lien avec amis et inconnus. Nous restons privilégiées, tant que le virus n’a pas touché la communauté : cela nous permet de chanter l’Office ensemble, et par la grâce de quelques prêtres, de célébrer assez régulièrement l’eucharistie, en communion avec l’Eglise et tous ceux qui se sentent plus loin. Les intentions ne manquent pas : chaque jour, nous nommons aux Laudes et aux Vêpres ceux qui nous sont confiés.

Entre temps, les travaux s’organisent, comme dans toutes les familles. Bien sûr notre grande maison, bien agréable pour un confinement, demande du travail, pour que Nadège, qui nous aide toute l’année, ne retrouve pas la maison trop négligée en son absence, de même la lessive et Nathalie, la cuisine et Abdilbary. Et puis il faut rendre réponses aux demandes diverses. Ces jours-ci, la demande de permanences téléphoniques pour les isolés. Bien des amis nous montrent l’exemple !

Entre communautés, les échanges se font aussi pour s’encourager : des communautés sont touchées par le Covid, ou certains membres en quarantaine dans leur communauté. Nous mesurons bien qu’il sera difficile d’isoler une soeur si elle est atteinte, sans que cela se partage, malgré les mesures auxquelles chacune s’efforce de se soumettre.

L’approche de la Semaine Sainte nous fait aussi réfléchir entre communautés féminines, à des célébrations sans eucharistie, sans présence des prêtres, et de ce qui semble possible pour des femmes voulant célébrer la résurrection, et ressusciter avec le Christ. Ce ne sera sans doute pas le cas pour nous, mais nous prévoyons le cas de figure, car la situation n’est guère stable, et la prudence nécessaire.

Les nouvelles de nos familles, des hommes et femmes atteints, et d’autres en service ici ou là, les nouvelles de nos amis, des initiatives prises un peu partout, les nouvelles de La Croix ou autres, nous aident à garder le regard ouvert sur ce monde. La tristesse et la joie se mêle. Tel ami qui a pu se pré-parer au Grand Passage, et telle autre qui remonte la pente, Dieu merci ! Mais je dois dire que, plus que jamais, le quotidien est celui de l’ordinaire du monastère, et cela ne vaut pas une chronique… tant il est vrai que l’essentiel se joue à l’intérieur, mêmes si ces conditions particulières sont parfois rudes. Nous ne vivons pas le confinement en surnombre dans des logements trop petits, nous pouvons continuer à nous demander pardon jour après jour, nous entraider ici ou là, faire silence ensemble devant le Saint Sacrement pour toux ceux qui peinent, et partager les nouvelles, lors des rencontres du soir, 3 ou 4 fois par semaine. Et pourtant, comme chacun, l’enjeu d’une vie donnée et fervente nous met au pied du mur. Comme nous le lisions dans la vie de Mgr Jean Rodhain, fondateur du Secours Catholique, que nous venons de lire, c’est à l’aune de Mt 25 que notre quotidien trouvera sa mesure.

21° jour de confinement ...Semaine Sainte

Les semaines de confinement se poursuivent, marquées pour nous par la prière pour tous ceux que nous connaissons, et tous ceux que nous ne connaissons pas et qui vivent ces jours dans l’inquiétude. La prière et le travail occupent nos journées, accompagnées des multiples signe d’amitié. Avec d’autres, nous participons à une ligne d’écoute pour les personnes qui sont trop seules. C’est une autre façon de faire l’accueil au monastère  ! Nous voici en tout cas à l’entrée de la semaine sainte, que nous nommons la Grande Semaine. Mardi, souvent marquée par la messe chrismale, qui rassemble les prêtres et bon nombre de fidèles. Nous-mêmes y envoyons une ou deux soeurs quand elle se passe à Reims. Cette année, elle se fera en petit comité, mais cela ne nous empêche pas en ce jour de rendre grâce. Nous prendrons le temps d’évoquer toutes les raisons de rendre grâce aujourd’hui même, jusque dans ces temps troublés que nous vivons, nous seulement dans le confinement lié au coronavirus, mais encore dans ces temps marqués par les dénonciations de la pédophilie et autres abus sexuels et spirituels. Rendre grâce parce que le Seigneur est là auprès de son Eglise, auprès du monde entier, auprès des plus pauvres, des malades, des mourants, et auprès de tous ceux qui font du bien…. Ce mardi à Vêpres, nous prendrons le temps de rendre grâce, et nous pourrons nommer toutes les intentions d’action de grâce que vous voudrez nous partager. hotellerie.st-thierry1@orange.fr Jeudi, la journée de la sainte Cène, est traditionnellement la journée de la réconciliation des pénitents. Chez nous comme dans beaucoup de communautés monastiques, elle est marquée par ce que nous nommons le chapitre des Coulpes. Après un chant, nous écoutons la Parole de Dieu, qui est commentée par la prieure, pour nous inviter à entrer dans ce chemin de pardon mutuel. Chacune prend ensuite la parole, librement, avec généralement deux dimensions  : d’une part, chacune reconnaît tel ou tel manquement à la vie fraternelle, et d’autre part, chacune remercie pour telle ou telle chose qu’elle reçoit des soeurs, de la vie communautaire. Certaines commencent par remercier, et d’autres par demander pardon, chacune selon sa grâce. Au fil des ans, nous percevons que chacune devient un peu plus consciente de sa manière d’être. Les soeurs avaient souvent vu depuis longtemps telle ou telle de mes limites, et c’est un grand réconfort pour celles qui me supportent, d’entendre que j’ai pris conscience d’un défaut dont toutes pâtissent… C’est un temps de vérité dans la discrétion, chacune s’exprime à sa façon sans qu’on l’interrompe, sans qu’on fasse aucun commentaire. Nous pouvons parfois demander pardon à une soeur nommément. Habituellement, nous concluons ce partage par le lavement mutuel des mains : pendant que nous chantons le psaume 33, chacune à son tour se fait laver les mains par sa voisine qui lui embrasse les mains, puis à son tour, elle lave les mains de la voisine suivante, jusqu’à ce que nous ayons fait le tour de la communauté. Enfin, une oraison conclut notre chapitre. Bien sûr, cette année, le rite du lavement des mains ne pourra se faire, mais en accueillant la parole des autres, nous devenons un seul corps, le Corps du Christ. Dans nos maisons confinées, cela serait beau de pouvoir vivre un temps de réconciliation… et le conclure avec un repas festif, en mémoire du repas du Seigneur avec ses apôtres, peut-être en méditant Jn 13. Vendredi, certaines d’entre nous prierons avec le chemin de Croix, avant de célébrer l’Office de la Passion à 15h00, pour rejoindre la prière de l’Eglise autour de la Croix. Au pied du Seigneur, pouvoir déposer tant de peine de notre monde, tant de souffrances, auxquelles le Seigneur a voulu s’unir en traversant lui-même la Passion. Puis, nous nous efforcerons de demeurer dans l’espérance et la confiance, car il est passé par là. Avec Marie et toute l’Eglise, demeurer dans cette confiance tout au long du samedi, jusqu’à ce que pointe l’aurore du dimanche de Pâques ! C’est la prière des psaumes qui va colorer toute notre semaine, avec le psaume 21-22 en particulier. Et finalement, tous les psaumes peuvent nous dire comment Jésus est avec nous aujourd’hui, là où nous sommes, tels que nous sommes.

31° jour de Confinement

CHRIST EST RESSUSCITÉ

Samedi soir, samedi saint, pendant que soeur Zacharie faisait consciencieusement le tour de la maison avec la cloche à vache (puisque cha-cun sait que les cloches du carillon sont parties à Rome depuis jeudi soir à samedi dans la nuit !) pour que chacune se prépare à la Vigile, tout d’un coup, le carillon de l’église du village s’est réveillé ! Même s’il était un peu en avance, ce fut une vraie joie, à travers ce carillon (merci sans doute à Nicolas V. de l’avoir mis en route !), de percevoir une communion avec les chrétiens qui pouvaient s’associer à notre veillée, par la pensée et la prière. Il aurait sans doute été heureux de pouvoir retransmettre les célébrations... mais la technique était trop déficiente pour permettre une retransmission que d’autres font très bien ! Donc, joie en ce samedi soir d’entrer dans la célébration pascale, même si l’absence physique des fidèles se ressent ! Avec le P. Remi Du-bois-Matra, nous avons pu nous retrouver autour du feu nouveau, avec un cierge pascal bricolé avec celui de 2018 ! Comme tout le triduum, il y avait à la fois de la gravité, et aussi la joie de la résurrection. Et dimanche matin, nous faisions encore mémoire des Laudes de Pâques 2019 où nous avions pu partager cette joie avec notre évêque. En cette année 2020, il était en route vers Paris pour présider la célébration du « Jour du Seigneur » !

Cette semaine sainte fut donc, pour l’essentiel, selon le rituel ordinaire même si certains gestes marquants n’ont pu se faire : le lavement des pieds du jeudi, la vénération du vendredi, la signation baptismale du samedi... Une semaine où chacune a pris sa part des services communautaires : cuisine, ménages, liturgie, lessive, soins, etc. Une semaine où la communion des saints nous relie à tant d’amis et d’inconnus pour lesquels nous prions : malades et proches, mourants et familles en deuil, soignants, décideurs... Cela habite bien sûr nos prières litaniques des Laudes et des Vêpres, et aussi le temps de silence où nous nous retrouvons tous les soirs à la chapelle, avant les Complies ou la rencontre communautaire : tandis que beaucoup témoignent par de la musique ou des claquements de main leur soutien au personnel soignant, nous y prenons notre part dans le silence et l’intercession. Nous avons eu la grâce d’un temps communautaire de réconciliation, le chapitre des coulpes du jeudi, qui nous a permis d’entrer dans les jours saints avec un coeur renouvelé dans la communion fraternelle. Quelques jours avant, nous célébrions le sacrement du pardon, célébré de manière exceptionnelle avec une absolution collective, ce qui n’était pas arrivé chez nous depuis des temps immémoriaux ! Le P. Remi nous a proposé une pénitence communautaire, en lien avec ce que nous vivons dans le diocèse : écrire et partager le jour de Pâques la manière dont nous voudrions faire part de la Bonne nouvelle de la Résurrection, avec nos mots. Cela a donné un beau partage à la fin du repas de Pâques ! Moins sérieux, mais bien détendant fut la fin de la journée avec la chasse aux oeufs, dans le cadre de la salle de communauté. 19 oeufs verts étaient disséminés, et un oeuf argenté plus gros donnait le droit à un gros lot ! S. Laurence l’a découvert, perché dans la cheminée, où il tenait grâce à la « patafix »... Le gros lot étant un poisson en chocolat d’Igny, qui datait de l’an dernier et que la boutique nous a généreusement offert !

En cette fin de semaine de Pâques, nous avons partagé la peine de l’un ou l’autre, et joie aussi d’avoir de meil-leures nouvelles de plusieurs proches de nos amis. La lecture des nouvelles de Notre-Dame apporte aussi une bienfaisante ouverture sur d’autres sujets que le coronavirus La nature explose dans le jardin, et les soeurs font de leur mieux pour désherber et mettre du paillis. C’est une vraie joie de parcourir le jar-din qui s’épanouit de jour en jour ! Certes le travail de la vigne a repris, mais nous avons tout de même de longues heures de silence, surtout après l’élagage de nos tilleuls qui en avaient bien besoin. Nous nous réjouissons de voir la nature prendre des couleurs... en atten-dant de partager tout cela avec nos amis... quand le temps sera venu ! A bientôt, à toujours, comme disait notre Mère Ambroise ! Avec toute notre amitié fraternelle,

45° jour de confinement

St-Thierry le 27 avril 2020... quelque chose comme J 45 !

Un petit bonjour de St-Thierry en confinement... Ces jours sont à la fois semblables au quotidien monastique... mais bien des détails nous signalent que les temps sont autres ! L’absence des hôtes et des employés, bien sûr, et ce n’est pas rien, tant notre quotidien est coloré par leur présence, par le partage de la prière, des repas, et des échanges ! ll y a certes plus de silence et de paix, plus d’oiseaux aussi qui chantent, moins de voitures qui s’entendent... Il y a aussi ce temps qui nous rassemble en silence le soir, dans la prière pour toutes les intentions du monde confiné. Depuis quelques semaines aussi, nous avons répondu à la demande du diocèse pour assurer deux demi-journées d’écoute pour les personnes qui ont besoin de parler : comme notre accueil est fermé, il nous a semblé que nous pouvions transférer notre permanence d’accueil en permanence d’écoute ... qui d’ailleurs est assez silencieuse jusqu’ici, tant que le numéro est peu connu (08 05 38 50 50), mais déjà les uns et les autres ont eu des appels. Et bien sûr, nous avons par ailleurs les appels des amis, les mails, etc. Le jardin a bien profité des soins des sœurs qui n’étaient plus occupées ailleurs. Même si la sœur jardinière déplore qu’un animal soit venu labourer la plate-bande..

La nouveauté de ces derniers jours est que deux sœurs ont bénéficié d’un test ... et ont été reconnues positives. Branle- bas de combat dans la maison pour confiner et renforcer les gestes barrières... Nous restons donc plus que jamais entre nous... pour prévenir et guérir ! Nous veillons sur les plus fragiles, et revoyons bien des manières de faire. Ce sera sûrement instructif pour la suite. Des amis font pour nous les quelques courses de ce qui ne peut être livré. Que de générosité autour de nous ! Les uns et les autres nous demandent déjà comment cela se passera après le 11 mai... mais il n’est pas encore sûr, de notre côté, que nous serons déconfinées. Un jour à la fois ! Surtout que le nombre limite de 10 personnes réunies est déjà dépassé chez nous ! Quand pourrons-nous ouvrir nos célébrations, il faut encore un peu attendre ! Le temps est long, et nous communions en ces jours à tous ceux-là qui sont sans eucharistie depuis plus d’un mois. Rien de bien extraordinaire donc, mais nous essayons de vivre ces jours dans la paix, la prière et la joie, croyant que, dans la communion des saints, ce que nous vivons ici a quelque lien avec ce qui se vit partout dans le monde !

17 mai 2020, après trois semaines de « quarantaine » au monastère de St-Thierry

Chers amis, chers frères et soeurs,

Notre dernière chronique faisait état de deux soeurs testées positivement du coronavirus, qui nous amenait à vivre un confinement plus strict. Si les deux soeurs ont confiné dans des cellules à l’infirmerie, nous avons fait en sorte que toutes les soeurs respectent encore plus strictement les règles des gestes-barrières : notre nombre, en mettant les aînées un peu en retrait tout en étant présentes aux Offices, nous permettait d’être à distance les unes des autres au réfectoire comme à la salle de communauté et à la chapelle. Nous nous sommes aussi « habillées » de masques dans le quotidien (ça vient égailler le gris, mais on s’en serait bien passé !), sans parler du lavage des mains... pas si simple d’en faire vraiment un réflexe... mais ça vient, moyennant quelques passages obligatoires, comme une soeur qui verse le gel à l’entrée du réfectoire. Nous nous apprêtions à voir plusieurs cas se déclarant dans la quinzaine... et bizarrement, aucune autre soeur ne l’a attrapé ! En réalité, il est très probable que plusieurs d’entre nous ont déjà été contaminées, mais l’ont à peine senti... Nous sommes donc allées au bout de ces trois semaines très strictes, mais pendant lesquelles nous avons poursuivi la vie communautaire, offices, repas en commun et réunion, pour soutenir les troupes non seulement au plan médical, mais aussi spirituel et fraternel. Pour éviter de diffuser le virus, nous avions tout de suite opté pour que les prêtres ne viennent plus célébrer l’eucharistie - et Dieu merci, aucun de ceux qui étaient venus récemment ne l’ont déclaré. Le midi, à l’heure de la messe, nous avons donc célébré un office de Sexte développé, avec la psalmodie, les lectures de la messe, et un commentaire patristique. Le dimanche, nous avons prié en communion avec tant d’autres en regardant la messe du Jour du Seigneur. Plusieurs ont noté le sens de la communion avec tous ceux qui étaient privés de l’eucharistie également. Il est vrai que nous sommes très privilégiées de pouvoir célébrer la Liturgie des Heures ensemble dans un lieu si beau ! Et ce dimanche, ce fut une vraie joie de célébrer de nouveau l’eucharistie, en espérant pou-voir bientôt la vivre avec d’autres ! Pendant que nous confinons, le jardin se fait une beauté, les tilleuls reçoivent une coupe de printemps... Pendant tout ce temps, les services nous ont bien occupés, cuisine, lessive, ménage, soins, pour éviter que nos employés ne viennent. Nous avons poursuivi la prière silencieuse le soir avant 20h00, tant il est vrai que notre région demeure une zone « rouge », avec une circulation du virus encore importante, en particulier en Alsace et Lorraine. Nos soeurs de l’Est de la France nous en font part. Notre ami Boris, qui s’occupe de vérifier la mise en place des protocoles sanitaires en Ehpad et dans les écoles, nous a don-né quelques éléments pour vivre de manière intelligente avec le virus, en s’en protégeant et en évitant de le diffuser. Nous sommes donc dans la période où nos portes vont se ré-ouvrir, non sans demander à nos bénévoles, et aux amis qui veulent venir à la boutique, d’utiliser également masques et gel... La prudence est de mise, et en même temps, il nous semble important de permettre, pour ceux qui le veulent, de pouvoir bénéficier de nouveau de l’atmosphère du monastère, même si les offices restent pour l’instant en privé, en attendant le feu vert du gouvernement français . Nous sommes évidemment à un tournant : l’évolution de l’hôtellerie et des ateliers sont assez imprévisibles, mais sûrement différents d’« avant » ! L’autre étape pour nous, est donc de réfléchir aux conséquences de ce que nous sommes en train de vivre pour notre économie et notre mode de vie. Tout en remettant en route nos ateliers, nous sommes obligées de regarder l’évolution à vivre, qui est peut-être une grâce : il n’est pas certain que notre monde prenne un vrai virage avec cette crise, mais de notre côté, nous pouvons l’amorcer si nous en recevons l’appel. C’est le discernement à vivre en ces semaines, et cela peut s’avérer stimulant et heureux : quels signes des temps nous sont-ils donnés ? C’est dans le dialogue communautaire et aussi avec ceux qui nous sont proches, que nous pourrons avancer, dans le partage aussi avec les autres monastères confrontés aux mêmes questions. Merci pour votre prière pour nous. Nous ne vous oublions pas non plus. Bien fraternellement, belle marche vers la Pentecôte,dans l’attente de l’Esprit.

Les Soeurs du Monastère de Saint Thierry

Ici s’arrête le "petit journal" de confinement ... Merci pour vos visites, votre sollicitude pour notre communauté.

 
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