Bénédictines de Sainte Bathilde

Quel charisme nous a été confié ?

lundi 30 mars 2009

Bénédictines de Sainte-Bathilde, nous vivons sous la Règle de Saint Benoît.
Mais nous reconnaissons qu’il existe bien un charisme propre à notre Congrégation :

- Vivre la vie monastique dans la simplicité,
- Désirer que nos communautés soient ouvertes au monde,
- Partager les valeurs monastiques,
- Etre disponibles à ce que l’Esprit suscite pour le temps qui est le nôtre.
Tel est l’héritage que nous avons reçu et que nous essayons de vivre.

Le mot « charisme » n’est pas très employé dans notre congrégation des Bénédictines de Ste Bathilde. Mais il y a bien un caractère particulier de la vie monastique que nos communautés et notre congrégation ont reçu à vivre pour l’Eglise et pour le monde.

Mais il faut partir de ce qui nous est commun et nous unit : notre Baptême. Car pour le chrétien qui entend l’appel à la vie monastique, c’est le désir de vivre son baptême qui devient l’unique nécessaire : il s’agit vraiment de plonger dans la Pâque du Christ tous les instincts de la nature humaine pour les orienter radicalement vers le Royaume. C’est le sens des vœux que nous prononçons.

Notre Mère Fondatrice, anglicane et mère de famille, a entendu cet appel après son veuvage, vers la fin de la guerre 14-18, dans la rencontre de Dom Besse, moine de Ligugé. Elle avait un peu moins de cinquante ans.

A cette époque, dans certains monastères d’hommes, Ligugé en particulier, tout un réseau de laïcs cherchaient dans le partage des valeurs monastiques – l’accueil et la liturgie en particulier – un soutien pour leur vie chrétienne. Mais il n’existait rien de tel pour les femmes dans les monastères féminins. La rencontre entre l’expérience de Dom Besse et l’appel en Mère Fondatrice d’une vie consacrée au Christ a ouvert une voie nouvelle. La mort prématurée de Dom Besse laissera Mère Bénédicte libre sur ce chemin.

Ce « partage des valeurs monastiques » est donc à la racine de notre congrégation. Dès l’origine, avenue de Ségur, l’accueil faisait partie de la vie de la communauté, accueil en particulier dans la liturgie et souvent dans le partage du repas communautaire.
L’origine et la formation protestante de Mère Bénédicte marquera aussi la communauté de son désir de vérité et de respect : La communauté ne portera pas comme d’autres monastères de vieille tradition le poids de coutumes anciennes ne correspondant plus à l’époque, dans la liturgie en particulier. Aujourd’hui, on a envie de parler du caractère déjà post-conciliaire de ce qui se vivait alors.
L’amour de la Bible, à une époque où les catholiques ne la lisaient pas, marquera aussi la communauté, ainsi que le grand respect des autres confessions chrétiennes à une époque où l’œcuménisme n’était pas encore à l’honneur dans l’Eglise.

En 1926, le Pape Pie XI demande aux monastères d’aller porter la vie monastique dans ce qu’on appelait alors les pays de mission. Dans ce jaillissement vécu par la jeune communauté qui comptait alors déjà plus d’une dizaine de membres, cette demande du pape est reçue comme un appel : dans son désir de partager les valeurs monastiques, aller porter la vie monastique là où elle n’existe pas encore. En 1934, un premier départ a lieu vers Madagascar à Ambositra.
Cette première fondation dessine la physionomie de toutes celles qui suivront :
- le désir d’une vie monastique bénédictine simple, enracinée dans l’Eglise locale,
- le désir de respecter les traditions culturelles locales et de travailler dans les conditions concrètes du pays
- le désir d’offrir un accueil où, selon le mot de Dom André Louf, « chaque pauvre est respecté et nul riche suspecté ».
Cela ne veut pas dire que les fondations se feront sans faux-pas…

Aujourd’hui environ 160 professes dans 9 communautés vivent de cet esprit, dans 4 pays : 3 communautés en France, 3 à Madagascar, 2 au Viet-Nam, 1 au Bénin.

Alliant vie commune et solitude, la tradition bénédictine reconnaît 4 éléments constitutifs de la vie monastique : la prière, la lecture, le travail et l’hospitalité.
Depuis 15 siècles, les moines et moniales bénédictins s’engagent sur ce chemin par les vœux de stabilité, conversion et obéissance.

 
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