Bénédictines de Sainte Bathilde

Un message de Carême

mardi 28 février 2017

Demander un coeur qui écoute

Une proposition pour ce temps de Carême

A l’entrée dans ce carême, Mère Fabienne, prieure, nous propose une simple prière, une simple demande. Elle s’inspire ici d’un texte d’un livre de sœur Jeanne d’Arc, op, intitulé « Un cœur qui écoute ».

"C’est le Seigneur qui vint à Salomon pour lui inspirer cette prière : « demande ce que je dois te donner. » (1R 3,4ss)

En ce jour des Cendres, l’Eglise nous propose de méditer sur l’invitation que Jésus nous fait d’entrer dans notre chambre intérieure pour nous mettre à l’écoute du Père.

Notre carême ne pourrait-il pas être tout simplement ceci : nous mettre à l’écoute du Père, dans le secret de notre cœur, là où nous pouvons nous retirer en toutes circonstances, pour demeurer à l’écoute de ce qu’Il veut nous donner, pour écouter ce qui est bon pour nous, ce que nous voulons lui demander. Le Seigneur Jésus insiste dans son enseignement pour que nous osions demander, par son Nom, ce qui est bon pour nous. Ne pourrions-nous demander, en ce temps de carême, les uns pour les autres, un cœur qui écoute ? Dieu ne peut que répondre à cette demande, parce que c’est son Esprit même qui nous l’inspire. Dieu ne cesse de se donner Lui-même à nous, et c’est dans le silence du cœur qu’Il vient à nous et se donne totalement.

Demander un cœur qui écoute, pour entendre ce que la Parole de Dieu veut nous dire aujourd’hui, pour nous-même et pour la communauté, pour notre famille, pour notre vie au travail, en voisinage, pour le monde. Dans la méditation de la Parole, nous recevons le sens de ce que nous vivons, de ce que nous sommes appelées à donner. Dans l’écoute de la Parole, nous recevons l’Esprit de discernement pour avancer ensemble vers le Seigneur, pour découvrir son Visage dans ce quotidien tout donné à Lui et à nos proches.

Demander un cœur qui écoute, c’est nous mettre en disposition pour recevoir ce que le Seigneur veut nous donner, et cela aiguise notre sensibilité à ce qui est bon, à ce qui est son bon plaisir. Cela nous donne le goût « des choses qui plaisent à Dieu », le goût de nous tenir longuement à ses pieds pour entendre sa Parole, pour comprendre ce qu’Il nous dit à travers les événements, à travers les paroles de nos proches. Sans cesse nous pouvons reprendre la prière de Samuel « parle, Seigneur, ton serviteur écoute, accorde-moi un cœur qui écoute ! »

Pour accompagner notre demande, et lui donner un enracinement plus fort et plus simple à la fois, je vous proposerais de murmurer cette demande, en l’inscrivant dans notre souffle : en expirant l’air, nous nous enracinons dans le sol, et trouvons notre assise ; en aspirant l’air, nous nous ouvrons à ce souffle divin, nous ouvrons notre tête, notre être, à ce qui vient de Dieu. Comme un fil qui nous tire vers le Ciel, nous trouvons notre verticalité, et demeurons en notre centre de gravité.

Je nous invite à y revenir sans cesse au cours de nos journées, avant la prière, en attendant des hôtes au repas, en marchant jusqu’à l’atelier, en commençant notre journée, en se prépa-rant à une rencontre : reprenons contact dans notre souffle, avec la terre et le ciel, et recherchons notre centre de gravité pour recevoir de Dieu cette qualité d’écoute, d’accueil bienveillant, d’ouverture et d’humilité. « Seigneur, accorde-moi un cœur qui écoute. » Avec Salomon, écoutons la voix du Seigneur « demande-moi ce que je dois te donner. ». Avec lui nous répondrons : « Seigneur, donne-moi un cœur qui écoute. »

Soeur Fabienne, prieure

 
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